Le big bang est il un mythe ? Jean-Francois Robredo

Qu’on ne s’y trompe pas : Jean-François Robredo, philosophe et spécialiste de la théorie du Big Bang ne

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Jean-François Robredo

se livre pas ici à une critique facile de la cosmologie moderne. Il dénonce même ces nouveaux sophistes qui croient réhabiliter le mysticisme et la religion en évoquant les revirements de l’histoire des sciences. C’est qu’ils feignent de ne pas voir que la science évolue en critiquant rationnellement ses premières intuitions, là où la religion entend sauver l’irrationnel à n’importe quel prix.

Ainsi en est-il de la cosmologie, cette science qui n’entend rien de moins que de nous proposer des conceptions d’ensemble de l’histoire de l’univers, sans en rester aux lois décrivant des phénomènes ou des champs locaux, comme le feraient la mécanique ou la chimie. Née avec la science et la philosophie, la cosmologie entend donc substituer aux récits mythologiques une explication des principes du tout de l’univers. En faisant l’histoire de cette science Jean-François Robredo nous montre comment la cosmologie moderne a pu peu à peu lever l’interdit méthodologique qui pesait sur elle.

En effet, la modernité scientifique a dû pour s’imposer s’interdire des questions jusqu’à lors portées par la religion : au « pourquoi ? » d’ensemble, elle a substitué un plus modeste « comment ? » finalement bien plus efficace pour nous apprendre les lois de la nature. Si nous avons gagné en savoirs, nous y avons perdu en sens global, héritant de ce « monde désenchanté » décrit par Max Weber. Or l’intérêt de ce petit ouvrage tient à ce qu’il montre que la question du tout de l’univers est de nouveau pensable en raison même des progrès de la science. La relativité générale, les observations de l’expansion de l’univers ne sont en effet désormais compréhensibles que par une science du tout, rationnelle. Celle-ci cependant doit penser les conditions de son émergence, ses nouvelles certitudes rendant caducs les récits religieux, comme ce qui reste en elle pour le moment inconnu ou inimaginable. Le lecteur découvrira alors que l’histoire du big bang est tout à la fois celle de l’univers, celle de la science et la nôtre.

Désormais, si la science se passe de religion, elle ne peut se passer de philosophie. La cosmologie moderne, en substituant le « scénario » du Big Bang aux « récits » mythiques découvre qu’une métaphysique rationnelle demeure nécessaire pour rendre compte des observations scientifiques. La quête de sens n’est donc pas finie. Ce livre nous invite à le penser.

 

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