Retour du maître des horloges.

Nouvel article dans l’insoumission hebdo

 Benoît Schneckenburger couvre-feuhorlogeMacronPandémie

Lors de son accession au pouvoir, Emmanuel Macron a plusieurs fois tissé la métaphore du maître des horloges, déclarant, « on va faire les choses dans l’ordre car j’entends bien être le maître des horloges. » Auto-intronisé président « jupitérien », dieu des dieux, il a un temps été écouté par les Parques. Puis vint le temps où la déesse Fortuna lui a imposé une pandémie. C’est dans les moments de grande tourmente, nous dit Machiavel que l’on voit si le Prince a cultivé, quand il en était temps, la virtù. Celle-ci consiste notamment à préparer la tempête pour ne pas être débordé quand elle arrive. Nous subissons depuis un an l’absence de prévision de nos gouvernements, qui à la fortune des choses n’ont opposé que la loi du marché. Lequel, par sa main invisible, ne peut préparer les tempêtes, et quand elles viennent, ne change pas de loi : le profit passe avant tout. Disparues les promesses de vaccins pour les plus pauvres ; disparues celles des quantités à fournir en temps et en heure.

Notre maître des horloges use des pleins pouvoirs octroyés par la dictature des institutions de la V° République, ce coup d’État permanent. Dans la République Romaine, la dictature était une magistrature exceptionnelle qui attribuait tous les pouvoirs à un seul, maître de la parole. Emmanuel Macron feint de se confronter à la pandémie, mais ses communications, et celles de son gouvernement, ne font front que contre le peuple. De semaines en semaines, ils tiennent en effet les horloges : ici ils ferment à 20:00, là à 18:00, puis le week-end. Ils maintiennent le peuple dans un état de stupeur, égrainant des menaces de durcissement des mesures. La seule stratégie gouvernementale est celle de la communication consistant à nous maintenir dans un état de dépendance. Des médias conciliants l’accompagnent, et aujourd’hui certain.e.s prétendant.e.s à la course présidentielle, cultivent l’autoritarisme en préconisant de nouveaux confinements durs, comme d’autres courtisent l’extrême droite. Le temps est à la fascisation des esprits, faire croire qu’il n’y a d’autre issue que des mesures restreignant les libertés.

La pandémie est réelle, mais les mesures touchent davantage nos libertés qu’elles n’ont constitué la réponse adéquate. Que de temps et d’énergies perdues en culpabilisations quand il aurait fallu préparer les structures de tests, de mise à l’abri et de soins. Pas une seule place d’hôpital créée en un an, pas de mesures contraignantes envisagées vis-à-vis des laboratoires qui ne tiennent pas les engagements qu’ils avaient pris. La stratégie vaccinale n’en est pas une : le gouvernement annonce que de nouveaux publics y ont accès quand la plateforme doctolib(c) ne fournit pas de dates de rendez-vous : aujourd’hui, 85 % des plus de 75 ans ne sont toujours pas vaccinés, et seuls 2 % des 65-74 ans le sont. Le peuple doit reprendre la maîtrise des horloges, il pourra le faire festivement, en manifestant le 20 mars contre les lois liberticides.

Benoît Schneckenburger

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