On achève bien les chevaux, les macaques et les hommes

Faire respirer  du gaz d’échappement à des macaques et à des humains, tel est le scandale révélé par la presse mettant en cause trois fleurons de l’industrie allemande Volkswagen, BMW et Daimler. Rien d’autre que la froide réalité du capitalisme contemporain. Passons sur la forfaiture derrière l’immoralité, car il s’agissait de tests visant finalement à contourner les normes de rejet de gaz polluants, une nouvelle manière de contribuer au dérèglement climatique.

macaque_du_tibet_-_femelle_adulte_et_juvc3a9nileTout est sordide. On apprend que les macaques étaient dans des cages exposés à des doses de gaz d’échappement, mais que dans leur grande humanité, les expérimentateurs diffusaient des dessins animés aux pauvres singes. 25 cobayes humains ont été exposés à des degrés divers de concentration de gaz. Au nom du profit roi, une pseudo-science livrée aux calculs abstraits des lobbyistes a donc dans un même geste exploité des animaux, aux capacités cognitives supérieures, et des humains, les empoisonnant un peu pour « mesurer » les effets.

Ici ce n’est pas de la science, mais cet amoralisme foncier du capitalisme pour qui toute valeur s’échange avec de l’argent. Plus de jugement moral. Les êtres humains et les animaux, comme dans les usines à viande et à lait que deviennent les fermes à mille vache – l’Allemagne en possède un grand nombre, dépassant parfois les 2000 vaches – sont exploités coûte que coûte. Il faut réduire les coûts d’exploitation par une rationalisation de la production qui ne prend en compte que le rapport de profit : peu importe le coût vécu par l’animal enfermé, peu importe le coût vécu par les hommes livrés à des cadences infernales. Souffrance animale et souffrance humaines paraissent ici les deux mêmes faces d’une exploitation qui n’a d’autre objet que de réduire tous les échanges, tous les êtres, à de pures marchandises. Kant et Marx sont ici réunis dans la réprobation : Kant, car les sujets sont réduits à de purs moyens aux seules fins du profit ; Marx en dénonçant le fétichisme de la marchandise indissociable de l’exploitation capitaliste. Que l’on ne s’étonne pas que resurgissent des formes archaïques d’exploitation esclavagiste des travailleurs ou des enfants : homme, animal, tu n’est plus qu’une marchandise qui s’échange et s’évalue sur les écrans désincarnés des traders. Mais ils s’excuseront. Quand ce sera devenu trop coûteux pour leur image.

 

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