Voter : réfléchir sans invectives.

Bien sûr que le second tour doit faire débat à gauche, et que toutes les options sont ouvertes à ce stade – étant entendu que le vote Le Pen lui reste toujours exclu. Je reste de ceux qui ont toujours combattu le FN, qui reste un parti fasciste. Je suis entré en politique à 16 ans contre le FN. Avec Jean-Luc Mélenchon et Charlie Hebdo nous avions tenté d’interdire le FN quand celui-ci cautionnait des ratonnades, et qu’aux régionales des élus de la droite traditionnelle passait des alliances. Il n’y a là aucune ambiguïté. La campagne des Insoumis va à l’encontre du projet frontiste. Il faut le rappeler face à tant de mauvaise foi.

Pour les Insoumis, Jean-Luc Melenchon a posé le cadre dès dimanche soir en disant qu’il y va de la liberté de conscience de chacun.e. La consultation qu’il propose est claire : pas une voix pour l’extrême droite, le choix est entre le bulletin Macron, le vote blanc ou l’abstention.

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Alors cessons les invectives envers ceux qui annoncent utiliser le vote Macron, le vote blanc ou l’abstention, et tentons de réfléchir. Je ne crois pas que les anathèmes caricaturaux nous fassent avancer : ni voter blanc, c’est laisser Le Pen gagner ; ni voter Macron 2017, c’est voter Le Pen 2022.

Ce qui est en débat, ce n’est pas un appel général à voter Macron ou à s’abstenir, mais l’option que pourraient prendre ceux qui se sont engagés derrière le programme de la France insoumise. Que deviendront ces 19% de voix, quand tous les autres appellent à voter Macron ?

En 2002, nous avions eu ces débats. Je me souviens des discussions enflammées, notamment en AG syndicale. Et Jospin avait lui attendu 5 jours pour se prononcer. Il n’y avait là, comme aujourd’hui, aucun risque compte tenu des scores du premier tour , d’une accession à la présidence du Front National. J’avais fini par voter Chirac. Compte tenu de la suite, je ne sais pas si je le referai.

Je ne mets pas Macron sur le même plan que Le Pen. Et voter blanc ou s’abstenir, cela ne les mets pas non plus sur le même plan, il se trouve que c’est le cadre institutionnel, qui m’offre trois choix – Macron, blanc, abstention – mais le sens des ces votes n’est pas fixé par le cadre juridique, il appelle une perspective politique. Par ailleurs, je note que ceux qui s’indignent du fait que les Insoumis hésitent entrent le vote pour Macron ou les formes d’abstention ou de vote blanc, ne disent rien du fort pourcentage de report de vote des électeurs Les républicains pour Le Pen.

Le 7 mai 2017 nous avons trois options, voter Macron, Blanc ou s’abstenir. Aucune ne consiste à voter POUR Le Pen, mais elles n’ont pas toutes les mêmes conséquences. Utiliser le vote Macron est-ce seulement voter CONTRE Le Pen ? En 2002 le vote Chirac a été présenté comme un vote contre le FN. La présidence Chirac imagea peu à peu attaqué le code du travail et la sécurité sociale aggravant la précarité. Sarkozy et Hollande ont continué, bafouant le « NON » français au Traité Constitutionnel Européen. Ces éléments n’ont pas stoppé le retour du FN, bien au contraire.

Aujourd’hui Macron répète qu’il ne veut pas d’un vote Contre, mais d’un vote d’adhésion. Autrement dit il traduit bien l’esprit autoritaire de la cinquième république : il a obtenu moins d’un quart des suffrages au premier tour, et souhaite un blanc-seing pour la suite. Ayant agi pour une sixième République depuis longtemps 1992, cela ne me convient évidemment pas. Je ne veut pas que ma protestation contre Le Pen serve à aggraver la loi El Khomri contre laquelle nous-nous sommes battus. Je ne veux pas contribuer à n’offrir que l’uberisation de la société aux quartiers populaires. La transition écologique ne peut passer par le nucléaire. Mon souhait de voir se résorber les inégalités n’est pas compatible avec la fin de l’ISF. Par conséquent non, je ne voterai pas POUR Macron, puisque ce dernier me demande d’adhérer à son projet.

Faut-il cependant par le vote blanc ou l’abstention contribuer à une ascension su FN, ne faudrait-il pas la battre largement ? Attention aussi de quoi nous parlons  : le libéralisme est à 24 %, le FN à 21 %, la droite traditionnelle à 19,5 et la gauche émancipatrice se partage entre les 19 % de Mélenchon et une part des 6% de Hamon, qui portait bien des thèmes de gauche mais sous l’étiquette d’un PS ayant soutenu le libéralisme de Hollande, Valls et Macron. Au second tour, il faudra mesurer le nombre de voix, plus que les pourcentages. Le problème serait que Marine Le Pen gagne beaucoup de voix. Je n’y crois pas. Et le fait de voter blanc ou de s’abstenir ne joue que sur le pourcentage des exprimés.

De ce fait, j’ai le choix entre m’abstenir ou voter blanc. Là encore j’exclus l’invective moralisante qui dramatise. Inutile de dire que certains sont morts pour le droit de vote ! Bien sûr, mais ce n’est pas ce qui est en cause ici. Il faut mesurer ce qui aura le plus d’impact. Je pense que si nous avons au second tour quelques millions de vote blanc, qui correspondent à ce que les insoumis ont réuni au premier tour, nous pourrons exprimer notre rejet du FN, sans cautionner le libéralisme de Macron.

Et dès à présent, luttons. Dénonçons la supercherie du FN qui veut faire croire qu’il peut nous convaincre : c’est parce que notre projet émancipateur a contribué à stopper son ascension qu’il veut nous salir. Le premier mai, dans la rue, montrons nos revendication anti-fascistes et sociales. Et aux législatives votons pour les candidats de la France Insoumise qui porteront notre programme écologique, social et démocratique au parlement !

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